Petit précis touristique à usage du voyageur cynique : CUBA, le rêve à l’état pur.

Beautiful américaines suite« La langouste da Couba, on y résisté pas » nous disait sur fond d’accent latino forcé la pub des 70’. Alors forcément en allant à Cuba, on s’attend à tout sauf à résister à l’irrésistible : la susnommée langouste. Quelques pépites méritent pourtant d’être portées à l’attention du lecteur aventureux, qui ne manqueront pas de le conforter dans l’idéal type d’une destination de rêve.

De l’avis des plus fins observateurs « c’est le moment d’y aller » avant que n’affluent les touristes. Vous noterez que le concept d’affluence touristique est encore étranger au territoire cubain et à ses 1200 km de longueur, malgré l’annonce du dégel des relations avec les Etats-Unis fin 2014. A cela deux raisons : Cuba c’est loin et c’est cher. Une mer bleue azur, des langoustes à gogo, des américaines des 50’flambantes et vrombissantes supposées ravir le cœur des crooners nostalgiques du « bordel de l’Amérique », comme on appelait l’ile avant la Révolution castriste, des chapeaux, des chevaux et des cigares Cohibe Behike pendouillant aux lèvres des badauds, voilà le fantasme cubain qui se profile et l’aventure qui commence.

Les antibiotiques tout d’abord. J’ai eu l’opportunité de les tester, ce qui a eu l’heur de m’apprendre que la gratuité des médicaments ne concernait que les Cubains. Pour 12 comprimés d’amoxicilline, (pas un de plus pour cet antibiotique classique), compter 30 dollars. Amis touristes pensez à glisser une boite dans votre valise. Il peut paraitre paradoxal d’en venir aux antibiotiques sous les tropiques sauf si, comme moi, vous êtes allergique à la pauvreté et avez tendance à somatiser à son contact. C’est à elle que j’impute ma bronchite déclarée en début de séjour, ce qui m’a permis de vivre l’expérience incroyable d’être sous antibiotiques en maillot de bain. Car, amis voyageurs, les gens sont pauvres à Cuba. Il n’y pas ou peu de mendicité, mais les gens font leur course avec une carte de rationnement, ce qui donne un côté rétro à l’aventure. Aussi n’hésitez pas à proposer vos vêtements, chaussures et autres étoles avant de quitter l’ile : ça les rendra heureux et vous plus léger. Vous pourrez ainsi ramener rhum, cigares et autres spécialités locales en toute quiétude. D’une pierre deux coups et le sentiment d’être Lady Diana dans l’intervalle.

La pollution ensuite. Evidemment les bagnoles ont de la gueule. Et si vous aimer bouffer du gaz brulé et de la senteur d’essence, foncez ! J’ai pu tester pour vous l’assertion précédente dans la Chevrolet 1952 d’Alberto. Dans la famille d’Alberto ils sont chauffeurs-taxi de père en fils et leur passe-temps favori consiste à bichonner leur titine qui n’a d’original que la carrosserie. Un moteur Nissan des années 80 faisant le reste, vous aurez l’impression de vivre un rêve à l’état pur, c’est-à-dire d’effectuer la totalité de votre voyage dans le réservoir d’essence, surtout si vous êtes assis à l’arrière du véhicule. Poumons fragiles s’abstenir d’autant qu’à Cuba tout se fait au pétrole non raffiné directement pompé dans le golfe du Mexique, d’où les superbes nuages noirs qui flottent dans le golfe de la Havane.

Le reggaeton à donfe. Autre subtilité locale, la musique. Evidemment ça a un peu changé depuis Compay Segundo et le « BVSC ». Maintenant la mode c’est le reggaeton. On l’écoute à fond, surtout en bagnole. Quel bonheur pour les tympans. Entre les basses du V8 et celles du poste, vous profiterez sereinement d’un trajet apaisant de l’autre côté du temps. Une expérience inoubliable.

L’eau courante. Comme dans tous les pays pauvres, qu’on appelle usuellement « pays du Tiers- monde », l’eau courante est une chose rare. Passe encore de ne pas la boire. Mais le plus surprenant reste l’interdiction faite de jeter son papier usagé dans les WC. Ce qui signifie qu’il vaut mieux ne pas négliger de le mettre à la poubelle sous peine d’aller le récupérer à la main au fond de la lunette. On aura une pensée émue pour l’hôtesse qui se chargera de vider la poubelle mais on se consolera en se disant que tout le monde doit vivre. Pensez à laisser une pièce aux dames pipi si vous vous aventurez dans l’endroit le plus typique et odorant de l’ile : les chiottes des stations-service ou des Paladares, les restaurants d’état.

Les moustiques. Le moustique est au pays tropical ce que la bonne humeur est aux franciliens : omniprésent. Ainsi pour vivre pleinement son séjour faut-il se faire ravager la peau par ces charmantes bestioles. Pour une immersion totale n’hésitez pas à sortir à la tombée de la nuit, vous serez tout de suite dans l’ambiance. Que dire de plus au lecteur qui ne serait déjà conquis ? Lui parler de la joie de vivre des Cubains, de la beauté de l’ile, de la suavité des cigares…Non, plutôt l’enjoindre à y aller mollo sur langouste, c’est une espèce en voie de disparition…  

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